28 avril 2008
Sur le monde moderne

Nous sommes les derniers, presque les après-derniers. Aussitôt après nous, commence un autre âge, un autre monde, le monde de ceux qui ne croient plus à rien, qui s'en font gloire et orgueil. Aussitôt après nous, commence le monde que nous avons nommé, que nous ne cesseront pas de nommer, le monde moderne, le monde qui fait le malin, le monde des intelligents, des avancés, de ceux qui savent, de ceux à qui on n'en remontre pas, de ceux à qui on n'en fait pas accroire, le monde de ceux à qui on n'a plus rien à apprendre (...), le monde de ceux qui n'ont pas de mystique et qui s'en vantent.
Qu'on ne s'y trompe pas et que personne, pas conséquent, ne se réjouisse, ni d'un côté, ni de l'autre. Le mouvement de dérépublicanisation (au sens de "res publica") de la France est profondément le même que le mouvement de déchristianisation. C'est ensemble un même, un seul mouvement profond de démystification. Une même stérilité dessèche la cité et la chrétienté, la cité politique et la cité chrétienne, la cité des hommes et la cité de Dieu. C'est proprement la stérilité moderne. Que nul donc ne se réjouisse voyant le malheur qui arrive à l'ennemi, à l'adversaire, au voisin, car le même malheur, la même stérilité, lui arrivent.
Le monde moderne ne s'oppose pas seulement à l'ancien régime français, il s'oppose, il se contrarie à toutes les anciennes cultures ensemble, à tous les anciens régimes ensemble, à toutes les anciennes cités ensemble, à tout ce qui est culture, à tout ce qui est cité. C'est en effet la première fois dans l'histoire du monde que tout un monde vit et prospère, paraît prospérer contre toute culture. Que l'on m'entende bien: je ne dis pas que c'est pour toujours. Cette race en a vu bien d'autres. Mais enfin, c'est pour le temps présent. Et nous y sommes.
En ce monde moderne, tout le monde est moderne, et même ceux qui combattent le moderne, et encore plus ceux qui sont investis pour le combattre et qui ne le combattent pas. Cette affreuse pénurie du sacré, c'est sans doute la marque la plus profonde du monde moderne.
Charles Péguy, "Notre jeunesse"
21 mars 2008
Prière du VENDREDI SAINT
Coeur de Jésus dans lequel se trouvent tous les trésors de la sagesse et de la connaissance scientifique, Ayez pitié de nous !
____________________
Je te vénère, ô sainte Croix portant les Membres sacrés de Notre-Seigneur et rougie de Son Précieux Sang.
Je Vous adore, ô mon Dieu, cloué à la sainte Croix par amour pour moi.
Jésus, j'ai confiance en Vous !
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Celui qui, à genoux, récitera cette prière 33 fois, devant l'image du Christ crucifié, le jour du Vendredi Saint, aura délivré 33 âmes du Purgatoire. (Avec approbation de l'Eglise).
Cette prière n'est pas limitative à 33 fois, elle peut être récitée par multiples de 33, soit 66, 99, 132 fois, etc.
21 janvier 2008
Hommage à Louis XVI
En ce jour anniversaire de la mort de Louis XVI. Souvenons-nous de ce bon roi et rendons-lui hommage.
Testament de Louis XVI
Au
nom de la Très Sainte Trinité du Père du Fils et du
Saint Esprit, aujourd’hui vingt cinquième jour de Décembre,
mil sept cent quatre vingt douze Moi Louis XVIe du nom Roy de France étant
depuis plus de quatre mois enfermé avec ma famille dans la Tour
du Temple à Paris par ceux qui étaient mes sujets, et privé
de toute communication quelconque, même depuis le onze du courant
avec ma famille de plus impliqué dans un Procès, dont il
est impossible de prévoir l’issue à cause des passions des
hommes et dont on ne trouve aucun prétexte ni moyen dans aucune
Loi existante, n’ayant que Dieu pour témoin de mes pensées
et auquel je puisse m’adresser, je déclare ici en sa présence
mes dernières volontés et mes sentiments.
Je
laisse mon âme à Dieu mon créateur, je le prie de la
recevoir en sa miséricorde, de ne pas la juger d’après ses
mérites, mais par ceux de Notre Seigneur Jésus Christ, qui
s’est offert en sacrifice à Dieu son Père, pour nous autres
hommes quelqu’indignes que nous en fussions et moi le premier.
Je
meurs dans l’union de notre sainte Mère l’Eglise Catholique Apostolique
et Romaine qui tient ses pouvoirs par une succession non interrompue de
St Pierre auquel Jésus Christ les avait confiés. Je crois
fermement et je confesse tout ce qui est contenu dans le Symbole et les
commandements de Dieu et de l’Eglise, les Sacrements et les Mystères
tels que l’Eglise Catholique les enseigne et les a toujours enseignés.
Je
n’ai jamais prétendu me rendre juge dans les différentes
manières d’expliquer les dogmes qui déchire l’Eglise de Jésus
Christ mais je m’en suis rapporté et rapporterai toujours si Dieu
m’accorde vie, aux décisions que les supérieurs Ecclésiastiques
unis à la Saint Eglise Catholique donnent et donnèrent conformément
à la discipline de l’Eglise suivie depuis Jésus Christ. Je
plains de tout mon cœur nos frères qui peuvent être dans l’erreur,
mais je ne prétends pas les juger, et je ne les aime pas moins tous
en Jésus Christ suivant ce que la charité Chrétienne
nous l’enseigne.
Je
prie Dieu de me pardonner tous mes péchés. J’ai cherché
à les connaître scrupuleusement, à les détester,
à les détester, à m’humilier en sa présence,
ne pouvant me servir du Ministère d’un Prêtre Catholique je
prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faite et surtout le
repentir profond que j’ai d’avoir mis mon nom (quoique cela fut contre
ma volonté) à des actes qui peuvent être contraires
à la discipline et à la croyance de l’Eglise Catholique à
laquelle je suis toujours resté sincèrement uni de cœur,
je prie Dieu de recevoir la ferme résolution où je suis s’il
m’accorde vie, de me servir aussitôt que je le pourrai du Ministère
d’un Prêtre Catholique pour m’accuser de tous mes péchés,
et recevoir le Sacrement de Pénitence.
Je
prie tous ceux que je pourrais avoir offensés par inadvertance (car
je ne me rappelle pas d’avoir fait sciemment aucune offense à personne)
ou ceux à qui j’aurais pu donner de mauvais exemples ou des scandales
de me pardonner le mal qu’ils croient que je peux leur avoir fait.
Je
prie tous ceux qui ont de la Charité d’unir leurs prières
aux miennes, pour obtenir de Dieu le pardon de mes péchés.
Je
pardonne de tout mon cœur, à ceux qui se sont fait mes ennemis sans
que je leur en ai donné aucun sujet et je prie Dieu de leur pardonner,
de même que ceux qui par un faux zèle, ou par un zèle
malentendu, m’ont fait beaucoup de mal.
Je
recommande à Dieu, ma femme, mes enfants, ma sœur, mes tantes, mes
frères, et tous ceux qui me sont attachés par les Liens du
Sang ou par quelqu’autre manière que ce puisse être. Je prie
Dieu ,particulièrement de jeter de yeux de miséricorde, sur
ma femme, mes enfants et ma sœur qui souffrent depuis longtemps avec moi,
de les soutenir par sa grâce s’ils viennent à me perdre, et
tant qu’ils resteront dans ce monde périssable.
Je
recommande mes enfants à ma femme, je n’ai jamais douté de
sa tendresse maternelle pour eux, je lui recommande surtout d’en faire
de bons Chrétiens et d’honnêtes hommes, de leur faire regarder
les grandeurs de ce monde-ci (s’ils sont condamnés à les
éprouver) que comme des biens dangereux et périssables et
de tourner leurs regards vers la seule gloire solide et durable de l’Eternité,
je prie ma sœur de vouloir bien continuer sa tendresse à mes enfants,
et de leur tenir lieu de mère, s’ils avaient le malheur de perdre
la leur.
Je
prie ma femme de me pardonner tous les maux qu’elle souffre pour moi, et
les chagrins que je pourrais lui avoir donné dans le cours de notre
union, comme elle peut être sure que je ne garde rien contre elle,
si elle croyait avoir quelque chose à se reprocher.
Je
recommande bien vivement à mes enfants, après ce qu’ils doivent
à Dieu qui doit marcher avant tout, de rester toujours unis entre
eux, soumis et obéissants à leur mère, et reconnaissant
de tous les soins et peines qu’elle se donne pour eux, et en mémoire
de moi je les prie de regarder ma sœur comme une seconde mère.
Je
recommande à mon fils s’il avait le malheur de devenir Roi, de songer
qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, qu’il doit oublier
toute haine et tout ressentiment et nommément tout ce qui a rapport
aux malheurs et aux chagrins que j’éprouve, qu’il ne peut faire
le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Lois, mais en même
temps qu’un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans
son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement
étant lié dans ses opérations et n’inspirant point
de respect, il est plus nuisible qu’utile.
Je
recommande à mon fils d’avoir soin de toutes les personnes qui m’étaient
attachées autant que les circonstances où il se trouvera
lui en donneront les facultés, de songer que c’est une dette sacrée
que j’ai contractée envers les enfants ou le parents de ceux qui
ont péris pour moi et ensuite de ceux qui sont malheureux pour moi,
je sais qu’il y a plusieurs personnes de celles qui m’étaient attachées
qui ne se sont pas conduites envers moi comme elles le devaient, et qui
ont même montré de l’ingratitude, mais je leur pardonne (souvent
dans les moments de troubles et d’effervescence on n’est pas le maître
de soi) et je prie mon fils, s’il en trouve l’occasion, de ne songer qu’à
leur malheur.
Je
voudrais pouvoir témoigner ici ma reconnaissance à ceux qui
m’ont montré un véritable attachement et désintéressé,
d’un côté si j’étais seulement touché de l’ingratitude
et de la déloyauté des gens à qui je n’avais jamais
témoigné que des bontés, à eux à
leurs
parents ou amis, de l’autre j’ai eu de la consolation à voir l’attachement
et l’intérêt gratuit que beaucoup de personnes m’ont montrés,
je les prie d’en recevoir tous mes remerciements, dans la situation où
sont encore les choses, je craindrait de les compromettre si je parlais
plus explicitement mais je recommande spécialement à mon
fils de chercher les occasions de pouvoir les reconnaître.
Je
croirais calomnier cependant les sentiments de la Nation si je ne recommandais
ouvertement à mon fils M. De Chamilly et Hue, que leur véritable
attachement pour moi, avait porté à s’enfermer avec moi dans
ce triste séjour, et qui ont pensé en être les malheureuses
victimes, je lui recommande aussi Cléry des soins duquel j’ai eu
tant lieu de me louer depuis qu’il est avec moi comme c’est lui qui est
resté avec moi jusqu’à la fin, je prie Messieurs de la Commune
de lui remettre mes hardes, mes livres, ma montre, ma bourse, et les autres
petits effets qui ont été déposées au Conseil
de la Commune.
Je
pardonne encore très volontiers à ceux qui me gardaient,
les mauvais traitements et les gènes dont ils ont cru devoir user
envers moi, j’ai trouvé quelques âmes sensibles et compatissantes,
que celles-là jouissent dans leur cœur de la tranquillité
que doit leur donner leur façon de penser.
Je
prie Messieurs de Malesherbes, Tronchet et de Sèze, de recevoir
ici tous mes remerciements et l’expression de ma sensibilité, pour
tous les soins et les peines qu’ils se sont donnés pour moi.
Je
finis en déclarant devant Dieu et prêt à paraître
devant lui que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancées
contre moi. Fait en double à la tour du Temple le vingt cinq décembre
mil sept cent quatre vingt douze.
LOUIS
14 janvier 2008
L'oraison selon saint Alphonse de Liguori
Qu'une âme se garde bien d'abandonner l'oraison quelle que soit la peine, le dégoût qu'elle puisse rencontrer dans la pratique de cet exercice : car l'abandonner serait s'exposer à perdre sûrement Dieu. Dût-elle ne pouvoir dire que ces mots : "Mon Dieu, secourez-moi ; mon Jésus, miséricorde !" Son oraison serait excellente et lui serait très profitable.
Sans l'oraison, l'âme est privée de lumière. Les vérités éternelles, étant des choses toutes spirituelles, ne peuvent être connues des yeux du corps, mais seulement des yeux de l'esprit : elles ne se perçoivent que par la pensée et la réflexion. Les personnes qui ne font point oraison ne voient pas ces vérités ; dès lors, elles ne comprennent pas l'importance du salut, ni ne savent les moyens à prendre pour y parvenir. Saint Bonaventure compare encore l'oraison à un miroir qui nous montre toutes les taches de notre âme ; et sainte Thérèse, écrivant à un évêque, disait : "Nous croyons quelquefois n'avoir aucune imperfection, mais Dieu vient-il à dessiller les yeux de notre âme, comme il a coutume de le faire dans l'oraison, nous en découvrons bientôt un grand nombre." Sans l'oraison, on n'a pas la force nécessaire pour résister aux ennemis de notre salut et pour pratiquer la vertu. L'oraison produit sur notre coeur ce que le feu produit sur le fer ; quand le fer est froid, il est résistant et difficile à travailler, mais si on le soumet à l'action du feu, il s'amillit et devient malléable sous le marteau du forgeron. Le péché a rendu notre coeur dur et indocile ; mais grâce à la douce influence de l'oraison, il devient tendre et docile. "L'oraison, dit saint Ignace de Loyola, est le plus court chemin pour atteindre à la perfection." Le progrès dans la perfection est proportionné au progrès dans l'oraison.
Méthode d'oraison selon saint Alphonse de Liguori
L'oraison comprend trois parties : la préparation, la méditation, et la conclusion.
I. Préparation
Tout d'abord disposez et votre esprit et votre corps à entrer dans un saint recueillement. Efforcez-vous de fixer votre attention ; n'abandonnez pas votre esprit à ses caprices. Dans la préparation on fait trois actes :
1) Acte de foi en la présence de Dieu, acte d'adoration. - Je crois, ô mon Dieu, que vous êtres présent là où je suis, et je vous adore de tout mon coeur.
2) Acte de contrition. -Ah! Mon Dieu, souveraine majesté, j'ai honte de paraître en votre présence : car bien des fois je vous ai offensé, en préférant à votre grâce un indigne plaisir, un sentiment de colère, un peu de terre, un caprice, un rien. Pardon, ô Jésus, au nom de votre sang répandu pour moi, je me repens bien sincèrement des outrages que je vous ai faits.
3) Acte de demande. -Père éternel, pour l'amour de Jésus et de Marie, donnez-moi vos lumières dans cette oraison, et faite qu'elle soit pour moi une source de grâces. On se recommande ensuite à la sainte Vierge par un Ave, ainsi qu'à saint Joseph, à son ange gardien, à son saint Patron. Que ces actes dit saint François de Sales, soient fervents, courts, afin de passer aussitôt à la méditation.
II. Méditation
Il est bon dans son oraison de se servir d'un livre de méditations, surtout dans les comencements. Il faut s'arrêter aux passages qui nous touchent davantage : il n'est pas absolument nécessaire de lire toute la méditation. Mais, comme dit saint François de Sales, "il faut en cela imiter les abeilles qui s'attachent à une fleur tant qu'elles trouvent du miel à sucer, et qui volent ensuite sur une autre." Saint Thérèse pendant dis-sept ans a agi ainsi : elle lisait un peu, puis méditait ; telle une colombe qui après avoir aspiré un peu d'eau, lève les yeux vers le ciel.
L'utilité de l'oraison consiste surtout :
1) Dans les affections. -Si après avoir médité un point, vous éprouvez quelque bon sentiment, élevez votre coeur à Dieu. Faites des actes d'humilité, de confiance, de remerciement, mais surtout des actes de contrition et d'amour : les actes de contrition et d'amour sont une chaîne d'or qui unit l'âme à Dieu. Dites par exemple : mon Dieu! je vous aime de tout mon coeur. Je ne veux que votre bon plaisir. Disposez de moi et de tout ce qui m'appartient, comme bon vous semblera.
2) Les prières. -Il est très utile, et peut-être préférable à quoi que ce soit, de faire de fréquentes prières dans l'oraison. On demande à Dieu les lumières dont on a besoin, la résignation, la persévérence, mais par dessous tout, son saint amour.
3) Les résolutions. -En terminant son oraison, il faut prendre une résolution spéciale, par exemple : de supporter les souffrances qui nous viennent de telle ou telle personne ; de se mortifier sur tel ou tel point. On doit renouveler la même résolution jusqu'à ce qu'on ait fait disparaitre ce défaut ou qu'on ait acquis cette vertu.
III. Conclusion
1) Remerciez Dieu des lumières que vous avez reçues.
2) Proposez-vous d'être fidèles à vos résolutions.
3) Demandez au Père éternel, au nom de Jésus et de Marie, la grâce de le persévérance.
Recommandez à Dieu, en terminant, les âmes du purgatoire ainsi que les pécheurs.
Saint Alphonse de Liguori
13 janvier 2008
Vox sua
A l'encontre de beaucoup d'idées reçues, voici ce que nous dit un éminent scientifique sur l'Eglise durant la seconde guerre:
«L'Eglise catholique a été la seule a élever la voix contre l'assaut mené par Hitler contre la liberté. Jusqu'à cette époque, l'Eglise n'avait jamais retenu mon attention, mais, aujourd'hui, j'exprime ma grande admiration et mon profond attachement envers cette Eglise qui, seule, a eu l'inébranlable courage de lutter pour les libertés morales et spirituelles...»
Einstein
17 décembre 2007
Le Petit Prince
En ce temps de l'Avent, voici un magnifique conte qui mériterait d'être médité plus souvent...
21 octobre 2007
Petite chansonnette alsacienne
Isch bin noch klèèn
Mïn Härzele isch noch rèèn
Dorf néme drine woone
Äss Jesus Kindele gànz àllèèn
Traduction (littérale):
Je suis encore petit
Mon tout petit coeur est encore pur
Personne ne peut y vivre
Seulement le petit Enfant-Jesus tout seul
19 octobre 2007
Le dernier homme ?
Sur la base de la pensée moderne différentes formes d'athéisme virent le jour. On désigne par conséquent par le mot d'athéisme des phénomènes très différents, qui dans la littérature philosophique et théologique ont été rangés sous des rubriques très diverses. Au fond on peut réduire les systèmes athées à deux types fondamentaux, qui correspondent à la double idée qu'on peut se faire de l'autonomie moderne : autonomie de la nature et des domaines des réalités profanes (culture, science, art, économie, politique, etc...) dont la connaissance et la réalisation a de moins en moins besoin de l'hypothèse Dieu (athéisme naturaliste, matérialiste, scientiste, méthodique, voire agnosticisme). D'une part autonomie du sujet, dont la dignité et la liberté s'opposent à l'idée d'un Dieu tout puissant (athéisme humaniste de la liberté et athéisme politique de la libération).
De cela il faut distinguer les formes d'athéisme qui proviennent de la protestation contre le mal et la méchanceté dans le monde. Celle-ci sont pour beaucoup d'hommes existentiellement plus décisives que les contestations théoriques et idéologiques de Dieu [...].
Il serait faux cependant de ne prendre en considération que les projets philosophiques systématiques et les grandes idéologies modernes. Ceux-ci présupposent la plausibilité préalable d'attitudes athées fondamentales. K.Rahner a forgé pour cela le mot de l'athéisme soucieux : le fait d'être subjugué par le monde devenu profane ; le sentiment de ne plus pouvoir réaliser le divin, l'expérience du silence de Dieu liée à l'effroi devant le vide et l'absurdité du monde, par conséquent l'athéisme comme interprétation plausible de la sécularisation moderne. Ces athées soucieux, qui s'effraient de l'absence de Dieu et dont le coeur est inquiet, représentent encore une chance du point de vue pastoral. A côté, il y a l'athéisme indifférent, un désintéressement total vis-à-vis des questions religieuses, un athéisme- apparement ou réellement - tout à fait tranquille et allant de soi, qui rejette les grandes questions de la religion, ne les pose plus, voire les méprise. F. Nietzsche a décrit ce "dernier homme" avec sarcasme. Le dernier homme n'a plus pour les grandes questions qu'un clignement d'oeil : "Qu'est-ce que l'amour ? qu'est-ce que la création ? qu'est-ce que le désir ? qu'est-ce que l'étoile ? - se demande le dernier homme et cligne de l'oeil. La terre est devenue petite alors et sur elle sautille le dernier homme qui rapetisse tout. Son engeance est indestructible comme l'altise ; le dernier homme vit le plus longtemps. "Nous avons inventé le bonheur" - disent les derniers hommes et clignent de l'oeil. On travaille encore, parce que le travail distrait. Mais on prend garde pour que la distraction n'énerve pas. On ne devient plus pauvre et riche, les deux sont trop pénibles qui veut encore gouverner ? Les deux sont trop pénibles. Pas de berger et un troupeau ! Chacun veut l'égalité, chacun est égal, celui qui pense autrement va volontairement à l'asile". Par là Nietzsche a déjà anticipé sur les conséquences de l'athéisme moderne [ le nihilisme qui a imprégné la fin du XXè siècle jusqu'à aujourd'hui, plus de valeurs, plus de "pourquoi" à ce monde, la croyance qu'il n'y a pas de vérité à ce monde.] A l'encontre de toutes ces impulsions humanistes, sans Dieu, c'est à la mort de l'homme qui nous assistons.
Walter Kasper, Le Dieu des Chrétiens, cerf 1996
01 octobre 2007
Sainte Thérèse de Lisieux
Voici un très beau film en quatre parties sur la vie de sainte Thérèse.
Première partie:
Deuxième partie:
Troisième Partie:
Quatrième partie:
29 septembre 2007
De la providence à l'homme
Quoi ! le fils du néant a maudit l'existence !
Quoi ! tu peux m'accuser de mes propres bienfaits !
Tu peux fermer tes yeux à la magnificence
Des dons que je t'ai faits !
Tu n'étais pas encor, créature insensée,
Déjà de ton bonheur j'enfantais le dessein ;
Déjà, comme son fruit, l'éternelle pensée
Te portait dans son sein.
Oui, ton être futur vivait dans ma mémoire ;
Je préparais les temps selon ma volonté.
Enfin ce jour parut; je dis : Nais pour ma gloire
Et ta félicité !
Tu naquis : ma tendresse, invisible et présente,
Ne livra pas mon oeuvre aux chances du hasard ;
J'échauffai de tes sens la sève languissante,
Des feux de mon regard.
D'un lait mystérieux je remplis la mamelle ;
Tu t'enivras sans peine à ces sources d'amour,
J'affermis les ressorts, j'arrondis la prunelle
Où se peignit le jour.
Ton âme, quelque temps par les sens éclipsée,
Comme tes yeux au jour, s'ouvrit à la raison
Tu pensas; la parole acheva ta pensée,
Et j'y gravai mon nom.
En quel éclatant caractère
Ce grand nom s'offrit à tes yeux !
Tu vis ma bonté sur la terre,
Tu lus ma grandeur dans les cieux !
L'ordre était mon intelligence ;
La nature, ma providence ;
L'espace, mon immensité !
Et, de mon être ombre altérée,
Le temps te peignit ma durée,
Et le destin, ma volonté !
Tu m'adoras dans ma puissance,
Tu me bénis dans ton bonheur,
Et tu marchas en ma présence
Dans la simplicité du coeur;
Mais aujourd'hui que l'infortune
A couvert d'une ombre importune
Ces vives clartés du réveil,
Ta voix m'interroge et me blâme,
Le nuage couvre ton âme,
Et tu ne crois plus au soleil.
" Non, tu n'es plus qu'un grand problème
Que le sort offre à la raison ;
Si ce monde était ton emblème,
Ce monde serait juste et bon. "
Arrête, orgueilleuse pensée ;
A la loi que je t'ai tracée
Tu prétends comparer ma loi ?
Connais leur différence auguste
Tu n'as qu'un jour pour être juste,
J'ai l'éternité devant moi !
Quand les voiles de ma sagesse
A tes yeux seront abattus,
Ces maux, dont gémit ta faiblesse,
Seront transformés en vertus,
De ces obscurités cessantes
Tu verras sortir triomphantes
Ma justice et ta liberté;
C'est la flamme qui purifie
Le creuset divin où la vie
Se change en immortalité !
Mais ton coeur endurci doute et murmure encore ;
Ce jour ne suffit pas à tes yeux révoltés,
Et dans la nuit des sens tu voudrais voir éclore
De l'éternelle aurore
Les célestes clartés !

Attends; ce demi-jour, mêlé d'une ombre obscure,
Suffit pour te guider en ce terrestre lieu :
Regarde qui je suis, et marche sans murmure,
Comme fait la nature
Sur la foi de son Dieu.
La terre ne sait pas la loi qui la féconde ;
L'océan, refoulé sous mon bras tout-puissant,
Sait-il comment au gré du nocturne croissant
De sa prison profonde
La mer vomit son onde,
Et des bords qu'elle inonde
Recule en mugissant ?
Ce soleil éclatant, ombre de ma lumière.
Sait-il où le conduit le signe de ma main ?
S'est - il tracé soi-même un glorieux chemin ?
Au bout de sa carrière,
Quand j'éteins sa lumière,
Promet-il à la terre
Le soleil de demain?
Cependant tout subsiste et marche en assurance.
Ma la voix chaque matin réveille l'univers !
J'appelle le soleil du fond de ses déserts
Franchissant la distance,
Il monte en ma présence,
Me répond, et s'élance
Sur le trône des airs !
Et toi, dont mon souffle est la vie;
Toi, sur qui mes yeux sont ouverts,
Peux-tu craindre que je t'oublie,
Homme, roi de cet univers ?
Crois-tu que ma vertu sommeille ?
Non, mon regard immense veille
Sur tous les mondes à la fois !
La mer qui fuit à ma parole,
Ou la poussière qui s'envole,
Suivent et comprennent mes lois.
Marche au flambeau de l'espérance
Jusque dans l'ombre du trépas,
Assuré que ma providence
Ne tend point de piège à tes pas.
Chaque aurore la justifie,
L'univers entier s'y confie,
Et l'homme seul en a douté !
Mais ma vengeance paternelle
Confondra ce doute infidèle
Dans l'abîme de ma bonté.

Alphonse de Lamartine
19 septembre 2007
Et les tout-petits alors ?
16 septembre 2007
La Franc-Maçonnerie et la Révolution de 1789

Aucun des grands historiens classiques de la Revolution ne parle du rôle qu'y a joué la Franc-Maçonnerie. En vérité, c'est incompréhensible : voilà le plus grand événement de l'histoire depuis 1800 ans, événement qui a changé la face du monde; une force occulte y joue un rôle primordiale, immense, et cette force reste plus d'un siècle ignorée?
Son plan fut de détruire la civilisation chrétienne dans le mondedans le monde. L'attaque commence par la France qui en est la plus dorte représentante; il faut renverser ce qui fait sa force : la monarchie et le catholicisme. Ces deux bases écroulées, l'ordre social est sans défense et l'on abolit à loisir : hierarchie, discipline, famille, propriété, morale... Comme ils ne peuvent engager une lutte ouverte contre l'Eglise, ils la dirigent contre ses appuis naturels, c'est à dire contre la monarchie et l'aristocratie; son sens profond n'est donc pas seulement politique , mais essentiellement social et religieux, la civilisation occidentale étant fondée sur l'idée et la discipline chrétiennes. L'abolition de la monarchie de droit divin etait la condition sine qua non de la réussite du plan tout entier. Impossible d'attenter en quoi que ce soit à la société sou cette forme de gouvernement.
Plan par trop invraisemblable, direz-vous? Et pourtant, il a été exposé en détails et par écrit de la main de Weishaupt, chef de la secte maçonnique des "Illuminés", bien avant 1789. Ces documents indiscutables ont été saisi par le gouvernement bavarois au siege même de l'"Illuminisme" et ont été exposé aux archives de Munich ( se référer au livre de l'Abbé Barruel, Memoire pour servir à l'histoire du Jacobinisme). L'application pratique qui en a été faite de 1789 à 1793 en est d'une reste une garantie d'authenticité. (La terreur se calque sur une idéologie, celle de l'anticatholicisme d'une barbarie sans nom, il est certain qu'une simple révolution du peuple n'en serait pas arrivée à ces extrémités ni à l'abolition de la monarchie par ailleurs).
Leon de Poncins, les forces secrètes de la Revolution, Brossard 1928, réedition ESR
07 septembre 2007
Quelle Europe ?
L'Europe cherche, avec raison, à se donner une politique et une monnaie communes, mais elle a surtout besoin d'une âme.
André Frossard
22 août 2007
Liberté...

Ce fut une expérience objective. Je veux dire que la joie n'est pas montée en moi comme à l'annonce d'un grand bonheur, ou d'un retour que l'on n'attendait plus: elle m'est arrivée dessus comme une onde de lumière d'une puissance irrésistible et douce dont le déferlement m'a saisi à l'improviste, comme la vague qu'il n'a pas vue se former peut surprendre le baigneur sur la plage ; encore dois-je ajouter que je ne me savais pas au bord de cet océan. Je l'ai dit, je le répète. J'ai assisté à ma propre conversion avec un étonnement qui dure encore. "Bon, m'a-t-on dit. Vous êtes ce que l'on vous fait. Votre père est socialiste, vous êtes socialiste. Dieu passe, vous voilà chrétien. Et votre libre arbitre? Où est votre personne?"
Il est vrai que je n'ai pas adhéré au christianisme en adulte conscient et informé, ayant pesé le pour, le contre, le possible et l'improbable. Il est vrai que je suis entré dans cette église sans réfléchir, et que je n'y ai eu aucun argument à peser ; il est vrai que je n'ai pas débattu avec la grâce, que je n'ai pas délibéré sur une offre et que je me suis laissé envahir sans résistance par la joie. Je le reconnais, je le confesse et j'irai même jusqu'à avouer que je n'aurais jamais pensé à cette fameuse, antique et redoutable question du "Libre arbitre" si on ne l'avait soulevée devant moi, pour me faire rougir de ma passivité. J'ai dû me contraindre à réfléchir, et parcourir un assez long chemin pour parvenir à la réponse, qui est simple comme la plupart des réponses aux questions compliquées.
Je me suis aperçu peu à peu, en acquérant quelque expérience du monde - car il est vrai aussi que j'aurai pris connaissance de l'autre monde avant même d'être pleinement renseigné sur celui-ci - que la liberté avait deux sens, ou deux pôles, qu'elle pouvait aller vers l'affirmation, ou au contraire vers la négation de ce "moi" que Pascal dit avec raison haïssable, et qui sait si bien l'être en effet qu'il se met à haïr tout ce qu'il ne peut s'incorporer ; ce moi auquel il manque toujours quelque chose pour être lui-même, comme ces empires qui n'en finissent plus d'étendre leurs limites, et crèvent par le milieu ; ce moi pour qui l'être libre est celui "qui fait ce qu'il veut", quand l'être libre est celui qui peut aussi faire ce qu'il ne veut pas. Cette liberté-là est celle des démagogues et des idéologies. Elles promet l'épanouissement et donne l'indifférence, elle mène à l'épaississement et à l'endurcissement des égoïsmes qu'elle lance les uns contre les autres avant de les livrer au premier despotisme venu, qui les jette à ses chiens.
Dans l'autre sens, la liberté allège l'être du poids de sa propre nature, elle le délie de soi pour l'amour d'un autre, ou des autres, elle le fait à l'image d'un Dieu toujours disposé à se nier lui-même pour se rendre accessible, jusque sous les espèces du pain et du vin. Elle ne se fortifie pas de ce qu'elle lève sur autrui, mais de ce qu'elle lui donne.
La pseudo-liberté qui prétend faire de l'être humain un petit dieu "tournant autour de soi comme d'un soleil" n'est que mensonge ; elle aboutit aux formes les plus désespérantes de l'esclavage politique et moral.
La vraie liberté est celle qui donne la faculté d'aimer. En ce sens la liberté n'est que le nom de guerre de la charité.
Et si elle a son expression la plus achevée en Dieu, elle n'a pas d'autre source ni d'autre garantie qu'en lui. C'est par lui, et par lui seul, que nous avons une chance d'échapper au déterminisme de la nature et aux mécanismes d'oppression que nous ne cessons de monter contre nous-mêmes, par lui, et par lui seul, que rien d'inexorable ne peut gouverner notre destinée ; "la vérité vous délivrera" dit l'Evangile ; la vérité divine de retire pas sa liberté à celui qu'elle visite, elle la lui apporte. Pourquoi, comment aurais-je opposé mon libre arbitre à celui que je venais de découvrir, puisque ma liberté, c'était Lui?
André Frossard, il y a un autre monde.
06 août 2007
L'orgue, le roi des instruments
Bach et Mozart le considéraient comme le roi des instruments, bien d'autres compositeurs le reconnaîtront comme un instrument exceptionnel.
Voici quelques passages d'une allocution du Pape Benoit XVI avant la bénédiction du nouvel orgue à la Vieille Chapelle de Ratisbonne:
"L'orgue, le roi des instruments peut conduire à la joie de la foi. [...] L’orgue est appelé depuis toujours et à juste titre le roi des
instruments musicaux, parce qu’il reprend tous les sons de la création
et, comme il a été dit il y a peu, (en citant les
paroles du président de la Fondation de la Vieille chapelle ), il se
fait l’écho de la plénitude des sentiments, de la joie à la tristesse,
de la louange à la lamentation [...].
En outre, comme toute musique de qualité, en transcendant la sphère
simplement humaine, il renvoie au divin . La grande
variété des timbres de l’orgue, depuis le « piano » jusqu’au
bouleversant « fortissimo », en fait l’un des instruments supérieurs à
tous les autres. Il est en mesure de faire écho à tous les domaines de
l’existence humaine. Les multiples possibilités de l’orgue nous
rappellent d’une certaine façon l’immensité et la magnificence de Dieu [...].
Par leur musique, les grands compositeurs veulent en définitive, chacun
à leur façon, glorifier Dieu. Au-dessus du titre de beaucoup de ses
partitions, Jean-Sébastien Bach a écrit les lettres : S. D. G.: Soli
Deo Gloria – seulement à la gloire de Dieu. Anton Bruckner aussi
mettait au début les paroles : « Dédié au Bon Dieu ». Que tous ceux qui
fréquentent cette magnifique basilique, soient conduits, grâce à la
grandeur de l’édifice et à travers la liturgie enrichie de l’harmonie
du nouvel orgue, et du chant solennel, à la joie de la foi ! C’est mon
souhait au jour de l’inauguration de ce nouvel orgue."
L'orgue reste l'instrument qui se prête le mieux à la divine liturgie. "On estimera hautement, dans l'Eglise latine, l'orgue à tuyaux comme
l'instrument traditionnel dont le son peut ajouter un éclat admirable
aux cérémonies de l'Eglise et élever puissamment les âmes
vers Dieu et le ciel." (Constitution conciliaire sur la sainte liturgie).
N'est-ce pas l'instrument qui se rapproche le plus du chant des anges ?
Ici, la Toccata et Fugue en Ré mineur de Bach, interprétée par Karl Richter:
03 août 2007
Il y a un autre monde
Dans "Il y a un autre monde", André Frossard reprend et développe sa dernière partie de Dieu existe, je L'ai rencontré, où il racontait sa conversions et ses suites immédiates en quelques pages seulement: ce n'était que le bref énoncé d'un fait. Il en tire aujourd'hui les conséquences, répond aux questions soulevées par la publication de son livre, parle de cet "autre monde" où nous allons tous, "le sachant ou ne le sachant pas", et poursuit son récit autobiographique à la lumière de cette pensée qui résume tout ce qu'il croit et tout ce qu'il sait:
"L'être humain qui vient de l'amour, retourne à l'amour par la foi et l'espérance, à travers la souffrance et la mort."
25 juillet 2007
L'honneur d'être Français
Léon XIII, durant une audience passait devant les fidèles pour donner son anneau à baiser. S'arrêtant devant un jeune homme, il lui dit: "Je parie que vous êtes français." L'autre, se redressant, répondit: "Oui, Très Saint Père, j'ai cet honneur." - "Dites-le tout bas", répliqua le Pape, "parce que c'est cruel pour ceux qui n'ont pas cet honneur."
16 juillet 2007
Le Scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel
Le 16 Juillet 1251, saint Simon Stock, moine anglais alors Général de l'Ordre du Carmel, suppliait la glorieuse Vierge, Mère de Dieu et patronne de l'Ordre, de doter de quelque privilège spécial les Frères qui portaient son nom, afin de mettre un terme aux persécutions incessantes suscitées par l'envie et la jalousie et qui menacaient de les anéantir.
Sa foi fut merveilleusement exaucée. Pendant la nuit du 15 au 16 Juillet 1251, alors qu'il renouvelait son instante prière, la Reine du ciel lui apparut environnée d'une multitude d'anges, et tenant un Scapulaire en main, elle lui dit ces mémorables paroles:
" Reçois, mon cher fils, ce Scapulaire de ton Ordre comme le signe distinctif de ma confrérie et la marque du privilège que j'ai obtenu pour toi et les enfants du Carmel. Celui qui mourra revêtu de cet habit sera sauvé, il ne souffrira jamais des feux éternels. C'est un signe de salut. Une sauvegarde dans les dangers, un gage de paix et d'éternelle alliance". Et elle lui remit le Scapulaire.
Une relation de saint Simon Stock et une Bulle du pape Jean XXII prouvèrent l'authenticité de cette royale et maternelle faveur de la Reine du Carmel. C'est ce qui a donné naissance à la célèbre confrérie de Notre-Dame du Mont-Carmel, enrichie de si nombreuses indulgences et qui s'est répandue dans le monde entier.
Le pape Jean XXII, profondément angoissé en son
âme et en butte en même temps à la tribulation extérieure,
plaçait avant tout sa confiance dans la glorieuse Vierge Marie,
Mère de Dieu. Un certain jour, avant son élection, tandis
qu’il était plongé dans la prière et implorait dévotement
le secours de Marie, cette bienheureuse et toujours Vierge Marie, Mère
de Dieu, lui apparut revêtue du costume de l’Ordre du Carmel et lui
tint ce langage :
" O Jean! O Jean!... Vicaire de mon Fils bien-aimé, de même
que je te délivrerai de ton adversaire, ainsi par l’effet de mes
prières adressées à mon très cher Fils, je
te fais Pape et te constitue Vicaire de mon Fils. Vois donc, comme moi
je t’ai obtenu cette grâce magnifique pour que tu la payes à
mon Ordre, à mes frères particuliers et que tu confirmes
la Règle que commencèrent à vivre Elie et Elisée
au Mont Carmel et que composa mon serviteur, le patriarche Albert, et comme
Innocent, Vicaire de mon Fils et ton prédécesseur, leur imposa
cette Règle pour la rémission de leurs péchés,
de même donneras-tu à mon Ordre, en mon nom et au nom de mon
Fils ce privilège : Que quiconque entrera en cet Ordre et observera
dévotement ce genre de vie, sera sauvé éternellement
et délivré de la peine et de la coulpe. Et si au jour de
leur passage en l’autre vie ils sont amenés au purgatoire, j’y descendrai
le samedi qui suivra leur décès et je délivrerai ceux
que j’y trouverai et les ramènerai à la montagne sainte et
à la vie éternelle ".
Par ce second privilège, la Reine du ciel s’est engagée
à consoler, à soulager et à faire sortir du purgatoire
le plus tôt possible les confrères qui ont porté le
Scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel pendant leur vie . Cette promesse,
faite soixante-dix ans après la première, fut publiée
par le pape Jean XXII dans une célèbre Bulle, communément
appelée " Bulle sabbatine ".























