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L'absolu est un voyage sans retour. Blog catholique.

20 mai 2008

Moralement correct

moralement_correctIl n’y a pas si longtemps, tous les enfants étaient élevés selon des valeurs plus ou moins identiques, quels que soient leur niveau social ou les idées de leur famille. Il y avait certes une France de gauche et une France de droite, une France laïque et une France chrétienne, mais la morale que l’instituteur dispensait à l’école ressemblait à celle que le curé enseignait à l’église : se soumettre à un principe supérieur (Dieu ou la patrie), respecter ses parents, ne pas tuer, ne pas voler, ne pas mentir. Dans la pratique, bien sûr, ces commandements n’étaient pas nécessairement observés. Ils restaient cependant la norme que tous reconnaissaient.
A un moment qu’on situera entre les années 1960 et 1970, cette morale commune a volé en éclats. Les bouleversements sociaux que la France a connus alors (fin du monde rural, développement des villes et des banlieues, société de consommation, immigration de masse), conjugués au renversement des idées qui s’est produit dans toute l’Europe occidentale (déchristianisation, révolution des mœurs, relativisme du Bien et du Mal, multiculturalisme), ont transformé les mentalités.
Nous n’avons plus de morale commune, mais il nous reste le moralement correct. Tout entier fondé sur les prérogatives de l’individu, ce discours prône le principe de plaisir et l’obligation du bonheur, prêche le droit à la différence et le devoir de tolérance, exalte la transgression des codes et la liberté de chacun à choisir ses propres règles. Dès lors, la question est de savoir si vivre ensemble reste possible. Car, de l’école à la famille, de la rue à l’entreprise, le moralement correct mine le lien social.
Pour en sortir, il faudra bien renouer avec la bonne vieille morale. Cela est vrai pour les enfants, mais aussi – et peut-être – d’abord pour leurs parents.

Posté par _Bertrand_ à 10:28 - Lectures - Commentaires [0] - Permalien [#]

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