Gegrüsst seist du Maria

L'absolu est un voyage sans retour. Blog catholique.

06 juin 2008

"Papa Haydn"

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    L'oeuvre de Joseph Haydn n'est pas de celles qui suscitent la passion ; Goethe, dans Art et Antiquité, lui a consacré quelques pages où s'exprime avec clarté l'impression de beauté sereine qu'elle fait naître :
    «
 Depuis près de cinquante ans, la pratique et l'audition de ses oeuvres m'ont chaque fois communiqué une sensation de plénitude. A leur contact, je ressens une tendance involontaire à faire ce qui me semble être le bien et comme devant plaire à Dieu. Ce sentiment est indépendant de ma réflexion, et la passion n'y a aucune part. Je pense là au reproche qu'on fait communément à Haydn : sa musique manquerait de passion. A quoi je réponds : l'élément passionnel en musique, comme dans tout les arts, a d'autant moins d'importance que c'est celui qui est le plus facilement perceptible. Il n'est pas essentiel, c'est le produit d'un hasard. Selon les anciens, il masque la nature profonde des choses et altère la beauté. Si certains théoriciens, pensant en méditerranéens, ont cru devoir ériger le passions en condition de tout art, certes, personne ne peut les en blâmer, nous moins que d'autres, qui ne vivons pas sous leurs latitudes. Car Haydn est bien à nous : enfant de nos contrées, il fait sans exaltation ce qu'il fait. D'ailleurs, que pourrait-il exalter d'avantage : tempérament, sensibilité, esprit, humour, spontanéité, douceur, force, enfin les deux signes mêmes du génie, naïveté et ironie, tout cela est déjà son bien propre. Si toutes ces caractéristiques, inconcevables sans une profonde chaleur humaine, sont bien les éléments constitutifs de son être, saluons son art comme antique dans le meilleur sens du terme. Son caractère moderne n'a par ailleurs été, à notre connaissance, jamais contesté par personne : cela serait difficilement défendable, puisque toute la musique moderne repose sur lui.
   
« C'est en partant de là qu'on pourrait établir si ces caractéristiques ne sont pas celles-là mêmes qui l'ont poussé a négliger le théâtre. J'ai toujours souhaité pour ma part pouvoir dire, aussi sincèrement et aussi chaleureusement que je le ressens, que l'accord parfait qui exprime son génie n'est rien moins que la tranquille résonance d'une âme née libre, claire et chaste. Du reste, je ne suis pas le seul sur lequel ses oeuvres produisent cet effet, et si l'on pouvait m'opposer des exemples du contraire, ses symphonies et ses quatuors sauraient me protéger : c'est là son bien propre,  et personne ne l'a jamais surpassé dans ce domaine. Ces oeuvres sont la langue idéale de la vérité : chacune de leurs parties est nécessaire à un ensemble dont elle est partie intégrante, tout en vivant de sa propre vie. On peut peut-être renchérir sur ces oeuvres, on ne peut les surpasser. »

salon_Haydn

Extrait de la symphonie n°31 de Haydn:









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06 août 2007

L'orgue, le roi des instruments

strasbourgcnd2122222Bach et Mozart le considéraient comme le roi des instruments, bien d'autres compositeurs le reconnaîtront comme un instrument exceptionnel.
Voici quelques passages d'une allocution du Pape Benoit XVI avant la bénédiction du nouvel orgue à la Vieille Chapelle de Ratisbonne:

"L'orgue, le roi des instruments peut conduire à la joie de la foi. [...]
L’orgue est appelé depuis toujours et à juste titre le roi des instruments musicaux, parce qu’il reprend tous les sons de la création et, comme il a été dit il y a peu, (en citant les paroles du président de la Fondation de la Vieille chapelle ), il se fait l’écho de la plénitude des sentiments, de la joie à la tristesse, de la louange à la lamentation [...].
En outre, comme toute musique de qualité, en transcendant la sphère simplement humaine, il renvoie au divin . La grande variété des timbres de l’orgue, depuis le « piano » jusqu’au bouleversant « fortissimo », en fait l’un des instruments supérieurs à tous les autres. Il est en mesure de faire écho à tous les domaines de l’existence humaine. Les multiples possibilités de l’orgue nous rappellent d’une certaine façon l’immensité et la magnificence de Dieu [...].
Par leur musique, les grands compositeurs veulent en définitive, chacun à leur façon, glorifier Dieu. Au-dessus du titre de beaucoup de ses partitions, Jean-Sébastien Bach a écrit les lettres : S. D. G.: Soli Deo Gloria – seulement à la gloire de Dieu. Anton Bruckner aussi mettait au début les paroles : « Dédié au Bon Dieu ». Que tous ceux qui fréquentent cette magnifique basilique, soient conduits, grâce à la grandeur de l’édifice et à travers la liturgie enrichie de l’harmonie du nouvel orgue, et du chant solennel, à la joie de la foi ! C’est mon souhait au jour de l’inauguration de ce nouvel orgue."

goesweb

L'orgue reste l'instrument qui se prête le mieux à la divine liturgie.
  "On estimera hautement, dans l'Eglise latine, l'orgue à tuyaux comme    l'instrument traditionnel dont le son peut ajouter un éclat admirable    aux cérémonies de l'Eglise et élever puissamment les âmes    vers Dieu et le ciel." (Constitution conciliaire sur la sainte liturgie).
N'est-ce pas l'instrument qui se rapproche le plus du chant des anges ?

cecilia_gaudenzo_ferrari

Ici, la Toccata et Fugue en Ré mineur de Bach, interprétée par Karl Richter:







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