29 septembre 2007
De la providence à l'homme
Quoi ! le fils du néant a maudit l'existence !
Quoi ! tu peux m'accuser de mes propres bienfaits !
Tu peux fermer tes yeux à la magnificence
Des dons que je t'ai faits !
Tu n'étais pas encor, créature insensée,
Déjà de ton bonheur j'enfantais le dessein ;
Déjà, comme son fruit, l'éternelle pensée
Te portait dans son sein.
Oui, ton être futur vivait dans ma mémoire ;
Je préparais les temps selon ma volonté.
Enfin ce jour parut; je dis : Nais pour ma gloire
Et ta félicité !
Tu naquis : ma tendresse, invisible et présente,
Ne livra pas mon oeuvre aux chances du hasard ;
J'échauffai de tes sens la sève languissante,
Des feux de mon regard.
D'un lait mystérieux je remplis la mamelle ;
Tu t'enivras sans peine à ces sources d'amour,
J'affermis les ressorts, j'arrondis la prunelle
Où se peignit le jour.
Ton âme, quelque temps par les sens éclipsée,
Comme tes yeux au jour, s'ouvrit à la raison
Tu pensas; la parole acheva ta pensée,
Et j'y gravai mon nom.
En quel éclatant caractère
Ce grand nom s'offrit à tes yeux !
Tu vis ma bonté sur la terre,
Tu lus ma grandeur dans les cieux !
L'ordre était mon intelligence ;
La nature, ma providence ;
L'espace, mon immensité !
Et, de mon être ombre altérée,
Le temps te peignit ma durée,
Et le destin, ma volonté !
Tu m'adoras dans ma puissance,
Tu me bénis dans ton bonheur,
Et tu marchas en ma présence
Dans la simplicité du coeur;
Mais aujourd'hui que l'infortune
A couvert d'une ombre importune
Ces vives clartés du réveil,
Ta voix m'interroge et me blâme,
Le nuage couvre ton âme,
Et tu ne crois plus au soleil.
" Non, tu n'es plus qu'un grand problème
Que le sort offre à la raison ;
Si ce monde était ton emblème,
Ce monde serait juste et bon. "
Arrête, orgueilleuse pensée ;
A la loi que je t'ai tracée
Tu prétends comparer ma loi ?
Connais leur différence auguste
Tu n'as qu'un jour pour être juste,
J'ai l'éternité devant moi !
Quand les voiles de ma sagesse
A tes yeux seront abattus,
Ces maux, dont gémit ta faiblesse,
Seront transformés en vertus,
De ces obscurités cessantes
Tu verras sortir triomphantes
Ma justice et ta liberté;
C'est la flamme qui purifie
Le creuset divin où la vie
Se change en immortalité !
Mais ton coeur endurci doute et murmure encore ;
Ce jour ne suffit pas à tes yeux révoltés,
Et dans la nuit des sens tu voudrais voir éclore
De l'éternelle aurore
Les célestes clartés !

Attends; ce demi-jour, mêlé d'une ombre obscure,
Suffit pour te guider en ce terrestre lieu :
Regarde qui je suis, et marche sans murmure,
Comme fait la nature
Sur la foi de son Dieu.
La terre ne sait pas la loi qui la féconde ;
L'océan, refoulé sous mon bras tout-puissant,
Sait-il comment au gré du nocturne croissant
De sa prison profonde
La mer vomit son onde,
Et des bords qu'elle inonde
Recule en mugissant ?
Ce soleil éclatant, ombre de ma lumière.
Sait-il où le conduit le signe de ma main ?
S'est - il tracé soi-même un glorieux chemin ?
Au bout de sa carrière,
Quand j'éteins sa lumière,
Promet-il à la terre
Le soleil de demain?
Cependant tout subsiste et marche en assurance.
Ma la voix chaque matin réveille l'univers !
J'appelle le soleil du fond de ses déserts
Franchissant la distance,
Il monte en ma présence,
Me répond, et s'élance
Sur le trône des airs !
Et toi, dont mon souffle est la vie;
Toi, sur qui mes yeux sont ouverts,
Peux-tu craindre que je t'oublie,
Homme, roi de cet univers ?
Crois-tu que ma vertu sommeille ?
Non, mon regard immense veille
Sur tous les mondes à la fois !
La mer qui fuit à ma parole,
Ou la poussière qui s'envole,
Suivent et comprennent mes lois.
Marche au flambeau de l'espérance
Jusque dans l'ombre du trépas,
Assuré que ma providence
Ne tend point de piège à tes pas.
Chaque aurore la justifie,
L'univers entier s'y confie,
Et l'homme seul en a douté !
Mais ma vengeance paternelle
Confondra ce doute infidèle
Dans l'abîme de ma bonté.

Alphonse de Lamartine
19 septembre 2007
Et les tout-petits alors ?
16 septembre 2007
La Franc-Maçonnerie et la Révolution de 1789

Aucun des grands historiens classiques de la Revolution ne parle du rôle qu'y a joué la Franc-Maçonnerie. En vérité, c'est incompréhensible : voilà le plus grand événement de l'histoire depuis 1800 ans, événement qui a changé la face du monde; une force occulte y joue un rôle primordiale, immense, et cette force reste plus d'un siècle ignorée?
Son plan fut de détruire la civilisation chrétienne dans le mondedans le monde. L'attaque commence par la France qui en est la plus dorte représentante; il faut renverser ce qui fait sa force : la monarchie et le catholicisme. Ces deux bases écroulées, l'ordre social est sans défense et l'on abolit à loisir : hierarchie, discipline, famille, propriété, morale... Comme ils ne peuvent engager une lutte ouverte contre l'Eglise, ils la dirigent contre ses appuis naturels, c'est à dire contre la monarchie et l'aristocratie; son sens profond n'est donc pas seulement politique , mais essentiellement social et religieux, la civilisation occidentale étant fondée sur l'idée et la discipline chrétiennes. L'abolition de la monarchie de droit divin etait la condition sine qua non de la réussite du plan tout entier. Impossible d'attenter en quoi que ce soit à la société sou cette forme de gouvernement.
Plan par trop invraisemblable, direz-vous? Et pourtant, il a été exposé en détails et par écrit de la main de Weishaupt, chef de la secte maçonnique des "Illuminés", bien avant 1789. Ces documents indiscutables ont été saisi par le gouvernement bavarois au siege même de l'"Illuminisme" et ont été exposé aux archives de Munich ( se référer au livre de l'Abbé Barruel, Memoire pour servir à l'histoire du Jacobinisme). L'application pratique qui en a été faite de 1789 à 1793 en est d'une reste une garantie d'authenticité. (La terreur se calque sur une idéologie, celle de l'anticatholicisme d'une barbarie sans nom, il est certain qu'une simple révolution du peuple n'en serait pas arrivée à ces extrémités ni à l'abolition de la monarchie par ailleurs).
Leon de Poncins, les forces secrètes de la Revolution, Brossard 1928, réedition ESR
07 septembre 2007
Quelle Europe ?
L'Europe cherche, avec raison, à se donner une politique et une monnaie communes, mais elle a surtout besoin d'une âme.
André Frossard





