Gegrüsst seist du Maria

L'absolu est un voyage sans retour. Blog catholique.

22 août 2007

Liberté...

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    Ce fut une expérience objective. Je veux dire que la joie n'est pas montée en moi comme à l'annonce d'un grand bonheur, ou d'un retour que l'on n'attendait plus: elle m'est arrivée dessus comme une onde de lumière d'une puissance irrésistible et douce dont le déferlement m'a saisi à l'improviste, comme la vague qu'il n'a pas vue se former peut surprendre le baigneur sur la plage ; encore dois-je ajouter que je ne me savais pas au bord de cet océan. Je l'ai dit, je le répète. J'ai assisté à ma propre conversion avec un étonnement qui dure encore. "Bon, m'a-t-on dit. Vous êtes ce que l'on vous fait. Votre père est socialiste, vous êtes socialiste. Dieu passe, vous voilà chrétien. Et votre libre arbitre? Où est votre personne?"
Il est vrai que je n'ai pas adhéré au christianisme en adulte conscient et informé, ayant pesé le pour, le contre, le possible et l'improbable. Il est vrai que je suis entré dans cette église sans réfléchir, et que je n'y ai eu aucun argument à peser ; il est vrai que je n'ai pas débattu avec la grâce, que je n'ai pas délibéré sur une offre et que je me suis laissé envahir sans résistance par la joie. Je le reconnais, je le confesse et j'irai même jusqu'à avouer que je n'aurais jamais pensé à cette fameuse, antique et redoutable question du "Libre arbitre" si on ne l'avait soulevée devant moi, pour me faire rougir de ma passivité. J'ai dû me contraindre à réfléchir, et parcourir un assez long chemin pour parvenir à la réponse, qui est simple comme la plupart des réponses aux questions compliquées.
Je me suis aperçu peu à peu, en acquérant quelque expérience du monde - car il est vrai aussi que j'aurai pris connaissance de l'autre monde avant même d'être pleinement renseigné sur celui-ci - que la liberté avait deux sens, ou deux pôles, qu'elle pouvait aller vers l'affirmation, ou au contraire vers la négation de ce "moi" que Pascal dit avec raison haïssable, et qui sait si bien l'être en effet qu'il se met à haïr tout ce qu'il ne peut s'incorporer  ; ce moi auquel il manque toujours quelque chose pour être lui-même, comme ces empires qui n'en finissent plus d'étendre leurs limites, et crèvent par le milieu ; ce moi pour qui l'être libre est celui "qui fait ce qu'il veut", quand l'être libre est celui qui peut aussi faire ce qu'il ne veut pas. Cette liberté-là est celle des démagogues et des idéologies. Elles promet l'épanouissement et donne l'indifférence, elle mène à l'épaississement et à l'endurcissement des égoïsmes qu'elle lance les uns contre les autres avant de les livrer au premier despotisme venu, qui les jette à ses chiens.
Dans l'autre sens, la liberté allège l'être du poids de sa propre nature, elle le délie de soi pour l'amour d'un autre, ou des autres, elle le fait à l'image d'un Dieu toujours disposé à se nier lui-même pour se rendre accessible, jusque sous les espèces du pain et du vin. Elle ne se fortifie pas de ce qu'elle lève sur autrui, mais de ce qu'elle lui donne.
La pseudo-liberté qui prétend faire de l'être humain un petit dieu "tournant autour de soi comme d'un soleil" n'est que mensonge ; elle aboutit aux formes les plus désespérantes de l'esclavage politique et moral.
La vraie liberté est celle qui donne la faculté d'aimer. En ce sens la liberté n'est que le nom de guerre de la charité.
Et si elle a son expression la plus achevée en Dieu, elle n'a pas d'autre source ni d'autre garantie qu'en lui. C'est par lui, et par lui seul, que nous avons une chance d'échapper au déterminisme de la nature et aux mécanismes d'oppression que nous ne cessons de monter contre nous-mêmes, par lui, et par lui seul, que rien d'inexorable ne peut gouverner notre destinée ; "la vérité vous délivrera" dit l'Evangile ; la vérité divine de retire pas sa liberté à celui qu'elle visite, elle la lui apporte. Pourquoi, comment aurais-je opposé mon libre arbitre à celui que je venais de découvrir, puisque ma liberté, c'était Lui?

                          André Frossard, il y a un autre monde.

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06 août 2007

L'orgue, le roi des instruments

strasbourgcnd2122222Bach et Mozart le considéraient comme le roi des instruments, bien d'autres compositeurs le reconnaîtront comme un instrument exceptionnel.
Voici quelques passages d'une allocution du Pape Benoit XVI avant la bénédiction du nouvel orgue à la Vieille Chapelle de Ratisbonne:

"L'orgue, le roi des instruments peut conduire à la joie de la foi. [...]
L’orgue est appelé depuis toujours et à juste titre le roi des instruments musicaux, parce qu’il reprend tous les sons de la création et, comme il a été dit il y a peu, (en citant les paroles du président de la Fondation de la Vieille chapelle ), il se fait l’écho de la plénitude des sentiments, de la joie à la tristesse, de la louange à la lamentation [...].
En outre, comme toute musique de qualité, en transcendant la sphère simplement humaine, il renvoie au divin . La grande variété des timbres de l’orgue, depuis le « piano » jusqu’au bouleversant « fortissimo », en fait l’un des instruments supérieurs à tous les autres. Il est en mesure de faire écho à tous les domaines de l’existence humaine. Les multiples possibilités de l’orgue nous rappellent d’une certaine façon l’immensité et la magnificence de Dieu [...].
Par leur musique, les grands compositeurs veulent en définitive, chacun à leur façon, glorifier Dieu. Au-dessus du titre de beaucoup de ses partitions, Jean-Sébastien Bach a écrit les lettres : S. D. G.: Soli Deo Gloria – seulement à la gloire de Dieu. Anton Bruckner aussi mettait au début les paroles : « Dédié au Bon Dieu ». Que tous ceux qui fréquentent cette magnifique basilique, soient conduits, grâce à la grandeur de l’édifice et à travers la liturgie enrichie de l’harmonie du nouvel orgue, et du chant solennel, à la joie de la foi ! C’est mon souhait au jour de l’inauguration de ce nouvel orgue."

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L'orgue reste l'instrument qui se prête le mieux à la divine liturgie.
  "On estimera hautement, dans l'Eglise latine, l'orgue à tuyaux comme    l'instrument traditionnel dont le son peut ajouter un éclat admirable    aux cérémonies de l'Eglise et élever puissamment les âmes    vers Dieu et le ciel." (Constitution conciliaire sur la sainte liturgie).
N'est-ce pas l'instrument qui se rapproche le plus du chant des anges ?

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Ici, la Toccata et Fugue en Ré mineur de Bach, interprétée par Karl Richter:







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03 août 2007

Il y a un autre monde

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    Dans "Il y a un autre monde", André Frossard reprend et développe sa dernière partie de Dieu existe, je L'ai rencontré, où il racontait sa conversions et ses suites immédiates en quelques pages seulement: ce n'était que le bref énoncé d'un fait. Il en tire aujourd'hui les conséquences, répond aux questions soulevées par la publication de son livre, parle de cet "autre monde" où nous allons tous, "le sachant ou ne le sachant pas", et poursuit son récit autobiographique à la lumière de cette pensée qui résume tout ce qu'il croit et tout ce qu'il sait:

"L'être humain qui vient de l'amour, retourne à l'amour par la foi et l'espérance, à travers la souffrance et la mort."

Posté par Pierele à 17:23 - livres - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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